Auteure - Djemila Benhabib
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L’AUTEURE

 

DISTINCTIONS LITTÉRAIRES

 

Finaliste des Prix du Gouverneur général 2009 dans la catégorie essais pour Ma vie à contre-Coran

 

Prix des écrivains francophones d’Amérique (2010) pour Ma vie à contre-Coran

 

Prix Gérald Godin (2013) pour Des femmes au printemps.

 

Prix du Livre de l’année 2013 décerné par Culture Mauricie pour Des femmes au printemps.

 

POUR SE PROCURER SES LIVRES  

 

Septentrion

 

H & O Éditions

 

VLB Éditeur

 

 

CHEMINEMENT

Née en Ukraine en 1972 d’une mère Chypriote grecque et d’un père algérien, Djemila a grandi à Oran dans une famille de scientifiques engagée dans les luttes politiques et sociales. Très tôt, elle prend conscience de la condition subalterne des femmes de son pays, de leurs douleurs et de leurs aspirations. Cependant, bien avant cela, elle réalise que la coloration singulière de l’union de ses parents dérange. Qu’importe! Son identité complexe est un héritage précieux qu’elle garde jalousement et enrichit perpétuellement. La mixité, elle l’assume et la défend, d’abord avec ses mots d’enfant puis, plus tard, avec ses choix de femme.

 

Curieuse de tout à l’école, elle questionne, interroge et interpelle… jusqu’à l’existence de Dieu. C’est déjà l’outrage, l’injure, l’hérésie et le blasphème.  On ne la condamne pas mais presque. Désormais, elle sait qu’il existe des « vérités absolues » et qu’il y a un prix à payer pour un mot de travers. C’est dans ce contexte qu’est née cette soif de liberté impulsée par un vent de révolte profond.

 

La nécessité de se battre individuellement et collectivement s’impose dans sa vie d’une façon naturelle. L’engagement de ses parents au Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS) déteint sur elle. Et c’est par le truchement de sa militance au sein du même parti qu’elle défend ses idéaux de liberté, d’égalité et de justice sociale. Elle y côtoie de prestigieux intellectuels et de petites gens, tous réunis sous le même emblème pour voir éclore la démocratie.

 

Au tout début des années 1990, cette aspiration s’éloigne peu à peu. Une nouvelle réalité s’impose. Le FIS et ses armées sont à la porte du pouvoir. Les crimes les plus barbares ne sont plus de simples menaces. Le FIS met à exécution sa promesse d’islamiser le pays par le feu et par le sang. La société civile résiste et se mobilise. Prise dans cette ferveur d’espérance, Djemila participe à l’organisation d’immenses marches, d’un bout à l’autre du pays. Les menaces contre elle et sa famille sont de plus en plus insistantes.  En janvier 1994, une lettre de condamnation à mort est adressée à sa famille portant le sceau du Front islamique pour le djihad armé (FIDA), organisation islamiste affiliée au Front islamique du salut chargée d’assassiner les intellectuels.

 

Quelques mois plus tard, sa famille se réfugie à Saint-Denis en région parisienne. C’est une nouvelle page qui s’ouvre. En travaillant à Stains, dans une cité <<chaude>>, elle découvre les ravages de l’islamisme politique sur les jeunes maghrébins de banlieues et l’état de délabrement du tissu social. Par ailleurs, elle réalise que, même en France, le code de la famille imposé aux Algériennes en 1984 les rattrape par le biais d’ententes bilatérales entre les deux pays. À Paris, elle s’engage à fond dans la coordination des associations de femmes qui militent en faveur de l’abrogation du code la famille.

 

En 1997, elle boucle encore une fois sa valise. Cette fois-ci, elle part pour le Québec, seule, où elle obtient le statut de réfugiée politique trois mois après son arrivée à Montréal. Elle bénéficie d’une bourse de l’INRS Énergies et matériaux pour préparer une maîtrise en  science physique qu’elle obtient, trois années plus tard, puis entame des études de maîtrise en sciences politiques et en droit international à l’UQAM.

 

En parallèle à sa formation académique, elle devient correspondante permanente au Canada pour le journal francophone algérien El-Watan. Elle couvre plusieurs conférences internationales, fait quelques reportages au Moyen-Orient et s’intéresse à la diaspora algérienne au Canada ainsi qu’aux questions reliées au terrorisme islamiste.

 

En 2002, elle travaille, à Ottawa, au parlement canadien comme assistante parlementaire et se familiarise avec l’environnement institutionnel fédéral. Trois années plus tard, elle réussit le concours d’entrée à la fonction publique canadienne et intègre le ministère des affaires sociales. En 2012, elle démissionne de son poste permanent pour se présenter en politique provinciale sous la bannière du Parti québécois dans la circonscription de Trois-Rivières. Sans succès, elle réitère l’expérience, deux années plus tard, dans la circonscription de Mille-Îles à Laval où elle échoue à se faire élire.

 

Elle se fait connaitre comme essayiste en 2009 avec la publication de Ma vie à contre Coran qui connait un immense succès et remporte le Prix des écrivains francophones d’Amérique. Suit alors, Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident qui se fraye un chemin au milieu de la controverse entretenue par une certaine gauche  compassionnelle vis-à-vis de la question de l’islam politique et de l’immigration. En 2012, elle reçoit des mains de Charb à Paris, alors directeur du journal Charlie Hebdo, le Prix international de la laïcité décerné par le Comité Laïcité République. La même année, elle se rend en Égypte et en Tunisie pour quelques semaines afin de sonder la condition des femmes un an après la chute du régime de Ben Ali et du régime de Moubarak. Elle  publie son troisième ouvrage Des femmes au printemps et remporte le Prix Gérald Godin et le Prix du livre de l’année 2013 décerné par Culture Mauricie. En janvier 2016, elle publie Après Charlie, laïques de tous les pays mobilisez-vous!, soit un an après l’attentat contre Charlie Hebdo alors qu’elle se trouvait à Paris avec sa famille. En parallèle à sa carrière d’essayiste, elle enseigne la géopolitique du Moyen-Orient à l’université Laval et à l’UQTR.

 

Son plaidoyer en faveur de la liberté d’expression, son engagement pour les droits des femmes et son combat pour la laïcité sont reconnus, encore une fois, en mai 2016. Elle est honorée le 3 mai à Bruxelles par la Vrije Universiteit Brussel (VUB) (l’université néerlandophone de Bruxelles) et l’Université libre de Bruxelles (ULB) et obtient le Prix de la liberté d’expression, pour l’ensemble de son œuvre à l’occasion de la 2e édition du Difference Day, événement organisé dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse, sous le patronage de l’Union européenne et de l’Unesco. Les organisateurs soulignent sa « contribution vitale à la protection et à la promotion de la liberté de pensée et d’expression dans une société démocratique en perpétuel changement ». Elle succède avec la journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui qui obtient le Prix ex aequo au blogueur Raïf Badawi, Prix 2015.

 

Depuis le 7 janvier 2016, date de sortie, en France, de son dernier essai Après Charlie, Djemila Benhabib parcourt l’Europe et le Québec pour appeler à un sursaut laïque face à la à la menace sans cesse grandissante de l’islam politique. Elle rappelle que la chute des grandes idéologies du XXe siècle a entraîné un retour du religieux dans nos sociétés qui compromet la liberté de conscience et d’expression, les droits des femmes, l’éducation et la liberté du désir. Elle dénonce aussi l’immobilisme des gouvernements occidentaux et la lâcheté des élites démissionnaires.