Djemila Benhabib gagne sa cause - Djemila Benhabib
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13 Déc Djemila Benhabib gagne sa cause

Michaël Nguyen

Via TVA Nouvelles (Québec), Djemila Benhabib gagne sa cause

 

L’auteure Djemila Benhabib n’aura pas à verser un sou à l’École musulmane de Montréal qui la poursuivait pour diffamation, a tranché la Cour supérieure du Québec, mardi.

«Nous avons gagné, a rapidement réagi Mme Benhabib sur Twitter! Justice a été rendue. Merci à mon avocat Marc-André Nadon + tous mes soutiens. Merci mille fois!»

Son avocat Marc-André Nadon s’est aussi dit satisfait de la décision où la juge Carole Hallée a réitéré l’importance de la liberté d’expression, dans les sujets d’intérêt public.

«Rien ne démontre que Djemila Benhabib avait le désir ou la volonté de causer un préjudice à la réputation de l’École», a conclu la juge dans sa décision.

La magistrate a ainsi donné raison à Mme Benhabib, qui était poursuivie pour 95 000 $ à cause de propos qu’elle avait tenu au micro de l’animateur Benoît Dutrizac en février 2012.

Lors de cet entretien, elle avait comparé l’enseignement offert à L’École, qui offre un enseignement confessionnel musulman de niveau primaire et secondaire, à «de l’endoctrinement digne d’un camp militaire en Afghanistan ou au Pakistan».

Elle avait également affirmé, entre autres, que les étudiants devaient mémoriser des versets coraniques misogynes, et que les filles devaient porter le voile.

Pour L’École musulmane de Montréal [EMM], il s’agissait là de diffamation. La juge Hallée a conclu que non.

«Une personne raisonnable ne conclurait pas que les propos tenus en ondes par Djemila Benhabib sont diffamatoires, écrit la magistrate dans sa décision de 43 pages. Cette personne comprendrait qu’elle y exprimait de bonne foi son opinion honnête et sa croyance sincère, qu’elle est libre de partager ou pas.»

La juge a également noté que l’entrevue n’était pas un reportage journalistique, mais plutôt un éditorial sur la question de l’enseignement islamique au Québec. Mme Benhabib n’a fait qu’utiliser sa liberté d’expression, est-il écrit dans le jugement.

«En somme, les propos de Djemila Benhabib sont au cœur de la raison d’être de la liberté d’expression, soit de favoriser la participation active aux débats sur des sujets d’intérêt public ayant un impact sur la prise de décisions d’intérêt social et politique», a expliqué la juge.

Et cette liberté d’expression est essentielle, a poursuivi la magistrate.

«À défaut d’accorder autant de protection à la liberté d’expression dans un contexte de débat d’intérêt public, c’est la société qui subira un préjudice énorme», dit-elle.

Ainsi, plusieurs débats ne pourraient plus avancer, des sujets ne seraient plus abordés, et «tous cesseraient d’en parler», a écrit la juge.

«Ce ne sont pas les élèves ni leurs parents qui ont été visés par les propos de Djemila Benhabib, a conclu la magistrate. Elle n’a critiqué aucun individu, mais bien une école […] dans un contexte de sujets d’intérêt public.»

L’EMM, qui a 30 jours pour porter la cause en appel, est représentée par Me Julius Grey.

 

Michaël Nguyen

Via TVA Nouvelles (Québec), Djemila Benhabib gagne sa cause

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