Prix de la liberté d'expression à Djemila Benhabib - Djemila Benhabib
16017
post-template-default,single,single-post,postid-16017,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,vertical_menu_enabled,qode-title-hidden,side_area_uncovered_from_content,qode-theme-ver-9.0,wpb-js-composer js-comp-ver-4.11.1,vc_responsive

03 Mai Prix de la liberté d’expression à Djemila Benhabib

Djemila Benhabib a été choisie pour recevoir le Prix de la liberté d’expression pour l’ensemble de son œuvre décerné par l’Université libre de Bruxelles (ULB) et la Vrije Universiteit Brussel (VUB) (l’université néerlandophone de Bruxelles) sous le patronage de l’Union européenne et de l’Unesco.
L’année dernière, le récipiendaire a été Raïf Badawi, le blogueur saoudien emprisonné dans son pays.


Djemila Benhabib recevra le Difference Day Honorary Title for Freedom of Expression, aujourd’hui à Bruxelles, lors de la Journée mondiale pour la liberté de la presse. Elle profitera de cette occasion pour rendre hommage lors de son allocution aux journalistes algériens assassinés.
Elle sera distinguée pour sa «contribution vitale à la protection et à la promotion de la liberté de pensée et d’expression dans une société démocratique en perpétuel changement». La cérémonie se déroulera au palais des Beaux-Arts (Bozar).


L’engagement de la jeune femme, née en Ukraine en 1972 d’une mère chypriote-grecque et d’un père algérien, lui vaut d’être régulièrement la cible de menaces physiques, de campagnes d’intimidation et de poursuites judiciaires abusives de la part de groupes islamistes et de leurs alliés, notamment au Canada.


Djemila Benhabib a grandi à Oran dans une famille de scientifiques engagée dans des luttes politiques et sociales. Condamnée à mort par les islamistes, sa famille se réfugie en France en 1994. Djemila Benhabib s’installe au Québec, seule, en 1997, où elle mène des études en physique, en sciences politiques et en droit international. Elle débute sa carrière d’essayiste avec Ma vie à contre-Coran, qui remporte le prix des Ecrivains francophones d’Amérique, en 2009.


Elle reçoit des mains de Charb, alors directeur de la publication de Charlie Hebdo, le Prix international de la laïcité 2012 à l’occasion de la sortie en France, chez H&O, de son essai Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident. Djemila Benhabib publie L’automne des femmes arabes chez H&O en 2013 et reçoit le Prix humaniste du Québec en 2014. Son quatrième essai, Après Charlie, est édité en janvier 2016 en France par H&O.


Dans Après Charlie, Djemila rappelle que la chute des grandes idéologies du XXe siècle a entraîné un retour du religieux dans nos sociétés qui compromet la liberté de conscience et d’expression, la condition des femmes, l’éducation et la liberté du désir. Elle dénonce aussi l’immobilisme des gouvernements occidentaux et la «police de la pensée des élites démissionnaires».


A l’initiative du Hijab Day organisé par des étudiants de Sciences Po de Paris, le 20 avril, elle réagit dans un blog publié par le Huffington Post, le 26 avril, en écrivant notamment ceci : «Ma révolte est née de la souffrance. Alors, je vais répéter une évidence : jamais je n’accepterai ici ce que j’ai refusé là-bas.


Là-bas étant l’Algérie de mon enfance, défigurée par l’hydre islamiste dans les années quatre-vingt-dix et marquée par le refus obstiné de la barbarie et des voiles de la servitude.» Et aussi : «Qui tire parti d’une police qui réglemente la longueur de la jupe des femmes si ce n’est ces zélateurs de la morale ? L’existence des régimes islamistes tient à leur capacité à contrôler la sexualité de la moitié de la société.


L’ordre moral devient le fondement de l’autorité politique. Autrement dit, si les voiles tombent, les régimes s’effondrent ! En ce sens, la négation du sujet sexuel se traduit inéluctablement par la négation du sujet politique. Une femme dont le corps est occulté porte sa tête avec lassitude. Bref, le voile et la démocratie ne font pas bon ménage ! La liberté de l’esprit.


La liberté du corps. La liberté tout court. C’est cela qu’il faut défendre !» Puis, «s’agissant du statut des femmes en islam, il y a mille chantiers à ouvrir : l’héritage, le témoignage devant un tribunal, la polygamie, la répudiation, la violence conjugale, les crimes d’honneur, la responsabilité maternelle à l’égard des enfants, le mariage d’une musulmane avec un non-musulman, l’accessibilité à la fonction de juge ou à celle d’imam, l’éducation, la contraception, l’homosexualité et les châtiments corporels».

 

Aucun commentaires

Navré, les commentaires sont présentement désactivés pour cet article.